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Black-out sur le Net en RDC : mensonges d’Etat ou naïveté ?

CensurenetPas moins de 5 jours, les Congolais ont été coupés du reste du monde. Ils ont subi un  » black-out «  qui a consisté à bloquer les serveurs en les privant de l’Internet et de services de courte messagerie (SMS) du lundi 19  au vendredi 23 janvier. Certaines stations des radios et télévisions pro-opposition n’ont pas été épargnées par cette mesure totalitaire. Pas de Facebook, de viber, de whatsapp,de texto, d’e-mails, ni de transactions commerciales et financières. Un coup de massue à la liberté de l’information et de l’expression ainsi qu’à l’économie nationale. C’est la riposte initiale du régime Kabila faisant pour la énième fois une mauvaise publicité à la République.

Entre le 19 et le 22 janvier 2015, la RDC a été le théâtre d’une escalade de la violence meurtrière qui a coûté la vie à une cinquantaine de manifestants pacifiques protestant contre l’adoption par l’Assemblée nationale d’une loi électorale controversée. Le déclic fut l’alinéa 3 de l’article 8 de cette loi qui conditionnait la tenue de l’élection présidentielle de 2016 au résultat du recensement et de l’identification de la population comme préalable. C’est le  » glissement  » du dernier mandat de Joseph Kabila qui veut faire avaler des couleuvres aux Congolais pour s’éterniser au pouvoir, s’indigne la population. 

Dans certaines provinces du pays, notamment la ville de Kinshasa des échauffourées entre habitants et forces de l’ordre, des scènes de pillages, d’arrestations illégales ont paralysé la vie socioéconomique. Les événements se passent sous le regard de tout Congolais comme lors de la guerre d’Irak. D’un clic, les images de la barbarie policière et de ces scènes sont postées sur les réseaux sociaux et se font suivre des commentaires hostiles à l’encontre du régime de Kabila. La communication gouvernementale consolidant astucieusement le bourrage de crâne est prise de court par la vitesse de la circulation de l’information.

Le multimédia met désormais à la disposition de chaque usager les moyens de fabriquer sa propre information, de la communiquer et de devenir son propre reporter. Souligner que la floraison de téléphones portables et le Net, notamment les réseaux sociaux place le monde sous le regard de chacun. Il ne se passe plus rien qui ne soit filmable, photographiable, saisi par un des capteurs dont chacun dispose. C’est une mutation de grande ampleur qui a modifié les rapports entre l’information et la simultanéité.

Malgré cette évidence, les décideurs congolais apostrophent que  » Trop d’informations tue l’information parce qu’elle engendre l’entropie « . Ils optent quand même pour une mesure sécuritaire qui, selon eux permet de contrer le flux intoxication, de manipulation, d’amplification et de la diffusion des rumeurs. Mais quand on estime que l’Internet constitue un danger majeur pour la démocratie, n’est-ce pas là une dérive totalitaire et une naïveté ?

De nos jours, les médias s’insèrent non seulement dans la vie sociale et économique mais y compris dans le rythme biologique de l’individu. Privé d’information, l’homme est incapable d’action et ne sait quand et comment diriger son énergie.

Sans fausse modestie, il revient de dire que la liberté de l’information et de l’expression démocratique demeurent une denrée rare et extrêmement chère en RDC. Les indicateurs du respect des principes fondamentaux sont indéniablement au rouge. Etant des caractéristiques d’un idéal démocratique, lesdits principes peinent d’exister face au  » malin Génie «  du gouvernement congolais.

Sans scrupules, ce  » malin Génie  » fait de l’information la propagande et de celle-ci la seule vraie information disponible en vue de désorienter, de brouiller les pistes et d’égarer le jugement. Il refuse au peuple l’information chaude  » hot «   et l’effort d’acquérir les données qui assureront la connaissance et fonderont la décision. C’est une méthode qui consiste à ne rien dire, à ne rien laisser voir qui soit préalablement estimé, évalue, contrôlé et peaufiné dans des laboratoires des mensonges. Le pluralisme des opinions et la reconnaissance du droit d’affirmation des différences et des divergences sont en panne sèche en RDC.

 

Félix

Félix

Je suis lokolenews. «Grand’Œil, Grand’ Oreille ». Informer, c’est mon autre « Moi », car c’est la qualité qu’on peut rétribuer davantage que n’importe quelle valeur sous le soleil. Je suis un espace de dialogue interculturel vers la rencontre de la mondialisation. Un antidote de désinformation et d’acculturation qui met dans un confort informationnel en proposant une gamme variée d’informations sur la RDC. Pour trouver le chemin du cœur d’un homme, dit-on, il faut l’entretenir de ce qu’il chérit de plus. Et ce que vous chérissez de plus, c’est la vérité.

4 thoughts to “Black-out sur le Net en RDC : mensonges d’Etat ou naïveté ?”

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