Kinshasa : embargo sur les babouches au centre-ville

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5 août 2014

Kinshasa : embargo sur les babouches au centre-ville

Au jour le jour, la population kinoise en voit de toutes les couleurs. Le distributeur automatique des arrêtés et mesures a du feu au derrière. Les arrêtés se décrètent comme des cartes, et souvent, selon la bonne ou mauvaise humeur des autorités, qui, en tout état de cause, veulent faire forte impression pour arracher l’estime du chef. Le comble est que, dans la plupart de cas, ces arrêtés « vaches à lait »,  » mort-nés » ou « étoile filante » s’émoussent en laissant derrière les effets pervers, sans parvenir à des résultats escomptés.

Sans prétendre faire l’épopée des Arrêtés ou mesures prises par l’autorité provinciale de la ville de Kinshasa, les Kinois ont encore en mémoire quelques mesures prises dans le dans le seul but d’engraisser les poches et marquer les annale du Journal officiel. Uniformisation de la couleur des taxis et taxi-bus circulant dans la ville, interdiction de fabriquer, vendre et consommer de l’alcool frelaté ou « Supu na tolo », tapages diurnes et nocturnes des bars et églises, etc. Toutes ces mesures ont accouché d’une souris.

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Taxi-Bus « 207 » a Kinshasa

En voilà encore une opération de séduction, dite « Opération Kata lipapa » (Arrache la babouche). Elle interdit formellement aux Kinois de sillonner le centre-ville avec la chaussure babouche (en lingala Lipapa ou Lagome) ni en culotte en vue de donner une « bonne image » de la capitale congolaise. Ledit chausson est la chaussure la plus portée quotidiennement dans les quartiers, pour prendre une douche car légère et pratique. Elle a ses variantes, notamment babouches citadines et Berbères ou « Westaf » qui se portent également dans des cérémonies ou en ville.

Pour accompagner cette mesure, les éléments de la police nationale congolaise (PNC) patrouillent dans la ville pour mettre la main sur les récalcitrants alors que l’opération a fait l’objet d’une forte communication. Comme dans la plupart des cas en de pareilles opérations, les policiers se font remarquer par leur brutalité et la violence s’avère être le premier recours avant même toute opération pédagogique.

Arrestation-Kuluna

Au risque et péril, quelques citoyens et vendeurs ambulants se sont vu arracher sauvagement leurs babouches par les agents de l’ordre. « L’ordre vient d’en haut », lance un gaillard, révoltant et scandaleux pensent de nombreux habitants.

Plus d’un Congolais est étonné devant cette  » opération cosmétique « , avant de se demander si l’Assemblée provinciale a donné l’aval pour l’application d’une telle mesure qui est une  pure privation de la liberté personnelle.  » Un arrêté  honteux et injurieux à l’égard de la population au lieu de trouver des vraies solutions aux aux problèmes des difficiles conditions de vie et sauver la ville de la pollution des tas des déchets ménagers et solides », s’insurgent les Kinois.

Une décharge de déchets a Kinshasa (Google)
Une décharge de déchets a Kinshasa (Google)
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Commentaires

Serge
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Tout ceci est ridicule ! On va maintenant nous dire comment s'habiller? Y'a qu'eux pour se prendre À ce genre de détail... partout dans le monde, les gens portent librement "babouches" et "short" partout où ils veulent... dans les universités, les banques, les églises, les hopitaux, les locaux de la police, etc. Si l'image du Congo dépend de ça, on est bien avancé...

Félix
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C'est ahurissant mon frère, le citoyen lambda en a marre d’opérations cosmétiques. Ils doivent aller à l'essentiel.