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Assemblée nationale RDC : Bazar des parle-menteurs ?

Bagarre entre députés à l’hémicycle
Bagarre entre députés à l’hémicycle

La mémoire collective s’en souvient quand ils promirent d’amener la chicote « fimbu » dans ce temple de la démocratie pour flageller sans aménagement tous les pilleurs de la République. Eurêka ! A-t-on trouvé l’oiseau rare? Cet honorable député qu’il faut à la place qu’il faut ? Ça promet la sanction. Bien dit ? Vente d’illusion pour franchir le seuil de cet hémicycle du Palais du peuple ? Depuis qu’ils y sont, cet hémicycle s’est métamorphosé en un temple de « Démon-cratie ».

Les ministres, les gestionnaires d’entreprises publiques, les hauts fonctionnaires, les opérateurs économiques, les épaules étoilées de l’armée et de la police étaient tous censés passer aux cribles au perchoir du Palais du peuple. Un exercice de routine, afin de contrôler ces hommes dans la gestion de la chose publique avec comme finalité la bonne gouvernance.

On en a vu de toutes les couleurs durant cette législature. Converti en un  » grand bazar «  où la corruption devient une pieuvre dont les tentacules touchent presque à tous les députés. A travers ses plénières, l’hémicycle du Palais du peuple ne cesse de pondre des incongruités, des guéguerres, des insolites et des potins. L’opinion tant nationale qu’internationale est perplexe de voir ces grands « diseurs » transformés en moines « dormeurs » sursautant de leur sieste pour un vote à la main levée dont ils ignorent les tenants et les aboutissants. –Qui sont pour ? -qui sont contre ? Ils en sont vaccinés. Etant donné que la majorité est naturellement dans le camp des « pour » et l’opposition dans celui des « contre » ou vice-versa. Un exercice d’autant plus simple à cause de cette configuration. C’est inéluctable.

Comme une machine à compresseurs, la corruption, le blanchiment, les arrangements, le trafic d’influence et les abus des biens sociaux se sont installés dans ce  » capharnaüm «  aux dépens du citoyen lambda. Les corrompus trouvent dans des pétitions, motions, interpellations, questions orales ou écrites, une « vache à lait », et les corrupteurs en ressortent ragaillardis après être lavés de tous soupçons pesant sur eux. Ils ont tous les pattes de devant dans l’autorité et celle de derrière dans les crimes.

Cette législature s’est fait remarquer par le passage de plusieurs membres du gouvernement, des mandataires qui ont eu à répondre aux questions orales, écrites avec ou sans débat des députés nationaux. Les motions de défiance à l’emporte-pièce, des pétitions retirées avant l’entame du match, des signatures des députés trafiquées ou reniées, des interpellations commandées, des votes monnayés, des basculements de députés dans tel ou tel groupement politique… De qui se moque-t-on ? Tout ceci dans la plupart de cas, accouche toujours d’une souris. Devant cette cacophonie, on s’étonne, on râle, on pleurniche, on se désintéresse, mais la caravane ne s’arrête pas. En fin de compte, on finit par s’accommoder. Complicité ou lâcheté?

La dernière en date, c’est le spectacle d’une rixe sanglante à laquelle les députés  se sont livrés sous les feux des projecteurs en pleine plénière de l’Assemblée nationale. Une rixe dans une ambiance délétère lors de l’examen de la seconde motion de défiance contre le ministre de l’Industrie Rémy Musungay soupçonné d’avoir dilapidé le fonds alloué au projet de construction d’une cimenterie en Province orientale. La tête du ministre était mise aux enchères. La cacophonie s’est déclenchée quand un groupe de 18 députés nationaux de cette province ayant auparavant signé pour cette adoption signifiait au bureau de l’irrecevabilité de cette motion en raison de leur désistement. La motion qui avait au départ 68 signatures se retrouva avec 50 à cause de ce retrait. Ce qui d’office, la disqualifia à cause de l’insuffisance. Raison de la bagarre généralisée au perchoir. Elle s’intensifia dans les couloirs et même dans l’enceinte de ce palais. Le camp du maintien de la motion contre celui du désistement. Quel spectacle désolant et déshonorant !

Toujours dans le même contexte, Kitebi, Ministre délégué aux Finances échappa lui aussi de justesse à une motion de défiance. Une motion de défiance contre ce protégé de Matata Ponyo récolta pas moins de 58 signatures pour sa convocation devant les élus nationaux. L’homme aurait détourné la bagatelle de 207 millions de dollars américains sur la ligne budgétaire de l’opposition politique. Cette motion s’est vue casser par une contre motion (incidentelle) d’un député de la majorité présidentielle. Ce retrait a provoqué des remous dans les rangs de l’opposition qui a vite crié à la machination couvrant le détournement des fonds publics par les membres du gouvernement, avant de sécher et claquer la porte.

L’argent serait à l’origine de toutes ces cacophonies qui secouent l’Assemblée nationale de la RDC. Cette institution a perdu de tout son crédit auprès de la population à cause de cette vision « misérabiliste » et des mœurs peu recommandables des députés nationaux. La probité morale des députés suscite le doute dans de nombreux esprits. Toute une institution est en train de s’envoler en fumée. Restent-ils encore quelques députés qui peuvent sauver les meubles ?

Félix

Félix

Je suis lokolenews. «Grand’Œil, Grand’ Oreille ». Informer, c’est mon autre « Moi », car c’est la qualité qu’on peut rétribuer davantage que n’importe quelle valeur sous le soleil. Je suis un espace de dialogue interculturel vers la rencontre de la mondialisation. Un antidote de désinformation et d’acculturation qui met dans un confort informationnel en proposant une gamme variée d’informations sur la RDC. Pour trouver le chemin du cœur d’un homme, dit-on, il faut l’entretenir de ce qu’il chérit de plus. Et ce que vous chérissez de plus, c’est la vérité.

One thought to “Assemblée nationale RDC : Bazar des parle-menteurs ?”

  1. ah le perchoir qui se cherche et qui se transforme en la perche de la corruption. où sommes nous? chez nous, oui je toi mon frère, un peu chez moi, chez l’autre. quand la législature légalise le vol faudrait pas faire appel au magistrat affublé de sa toge.

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